Une même couleur mais des fortunes diverses. Si des deux côtés du Rhin le jaune aura été une couleur marquante durant la fin de l’année 2018, les mouvements qui l’ont adoptée n’auront pas connu le même succès selon que l’on se situe en France ou en Allemagne.

En France, ce sont bien sûr les dizaines de milliers de « gilets jaunes » qui, plusieurs semaines durant et à travers tout le pays, auront occupé les rues et les ronds-points pour manifester leur colère, parvenant par leur mobilisation à faire reculer Emmanuel Macron et son Premier ministre. Né sur des groupes Facebook en opposition à une hausse prévue de la taxe sur les carburants, ce mouvement aura vu ses revendications s’élargirent progressivement au pouvoir d’achat, à la rémunération du travail et au fonctionnement démocratique.

Source de l’illustration : Der Freitag

En Allemagne, pays où le mouvement français a été abondamment commenté, des « gilets jaunes » (Gelbwesten) se sont également retrouvés en plusieurs villes, dont Hambourg et Berlin, dès le début du mois de décembre. Mais comme le notait alors Johanna Luyssen, correspondante du journal Libération, ceux-ci ne rassemblaient que de petits groupes de personnes et laissaient la place libre aux idées d’extrême-droite. Et si petit à petit les partis de gauche et d’extrême-gauche investissent davantage la mobilisation, à l’image du mouvement Aufstehen et de sa chef de file Sahra Wagenknecht, qui aura enfilé le gilet pour l’occasion, le bilan numérique reste très faible.