Le Spectateur du Nord

Recensions, reportages et portraits à Hambourg (Allemagne)
par Arthur Devriendt

France – Allemagne : une sélection de 10 podcasts

02/12/2018

Qu’ils proviennent de l’audiovisuel public, de titres de presse bien établis ou encore dits « natifs », les podcasts sont le moyen idéal pour se faire sa propre radio sur mesure. Et qu’il s’agisse de la France ou de l’Allemagne, la production est foisonnante. Entre vie politique, actualité des idées et des sciences sociales ou Hambourg, voici une sélection de 10 podcasts pour la saison 2018-2019 :

Lokalrunde – Berlin & Hamburg

Katharina Schipkowski & Erik Peter • taz

Tous deux collaborateurs du taz, quotidien de gauche allemand, Katharina Schipkowski et Erik Peter se réunissent une fois par semaine dans Lokalrunde pour évoquer, sous la forme d’une discussion chaleureuse, l’actualité politique de leur ville respective, Hambourg et Berlin. Si les sujets sont parfois trop rapidement évoqués, l’émission, qui dure entre 18 et 25 minutes, se fait plus intéressante quand les deux situations permettent d’éclairer un même thème.

La suite dans les idées

Sylvain Bourmeau • France Culture

Produite et animée par Sylvain Bourmeau, par ailleurs co-créateur du média AOC, La suite dans les idées est une émission de référence, diffusée sur France Culture, pour suivre les actualités des recherches en sciences sociales. En lien avec l’Allemagne, on pourra écouter avec profit l’émission récente (octobre 2018) avec l’historien Nicolas Offenstadt, sur la pratique de l’Urbex, ou celle plus ancienne (novembre 2015) avec le sociologue Franz Schultheis, à propos du livre Société à responsabilité limitée. Enquête sur la crise du modèle allemand (que l’on évoquait ici-même).

Was jetzt?

Zeit Online

A la différence de la France, quasiment chaque grand titre de presse allemand a mis en place son ou ses podcasts. Ce qui est vrai pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Süddeutsche Zeitung ou le taz (voir Lokalrunde) l’est donc tout autant pour le Zeit qui propose pas moins de 7 émissions différentes. Avec Was jetzt? (en français: que se passe-t-il en ce moment ?) ce sont chaque jour des journalistes de la rédaction qui reviennent sur les faits essentiels de l’actualité allemande et internationale.

Die Reportage

Deutschlandfunk Kultur

Avec un nom au titre explicite, la Deutschlandfunk Kultur, équivalente de France Culture, propose une fois par semaine un reportage de 30 minutes (en général). Sur la ville de Hambourg et ses environs, l’on pourra écouter par exemple le récent reportage consacré aux descendants de déportés dans le camp nazi de Neuengamme.

Cultures Monde

Florian Delorme • France Culture

Emission d’actualités internationales de France Culture, Cultures Monde prend chaque semaine un thème qu’elle traite sur 4 jours, du lundi au jeudi, multipliant les angles et territoires d’approche. Puis arrive le vendredi et notre coup de coeur avec la « table ronde d’actualité internationale » en partenariat avec Le Monde et l’association Cartooning for Peace.

Durch die Gegend

Christian Möller • Viertausendhertz

Seul podcast « natif » de cette sélection, Durch die Gegend est produit par la plateforme Viertausendhertz. Le principe de ce podcast ? Déambuler dans les rues d’une ville avec le journaliste Christian Möller et son invité, pendant une heure ou plus. Un conseil : la rencontre avec Carolin Emcke, dans les rues du quartier Kreuzberg à Berlin, auteure de Contre la haine et Notre désir.

Eine Stunde Was mit Medien

Daniel Fiene & Sebastian Pähler • Deutschlandfunk Nova

Dans une ambiance très détendue, typique de la station Nova, Daniel Fiene, « Monsieur » Pähler et leurs invités s’interrogent et discutent sur l’actualité des médias. A noter le questionnaire en fin d’émission, qui confirme, s’il en était besoin, la sympathie de l’équipe. En lien avec ce billet, on pourra réécouter l’émission du 27 septembre dernier : “Podcasts : la mode est-elle passée ?” (l’auteur de ces lignes espère que non).

Concordance des temps

Jean-Noël Jeanneney • France Culture

Institution de France Culture, l’émission de Jean-Noël Jeanneney se saisit d’interrogations actuelles pour les éclairer à la lumière de précédents historiques, accompagné d’historiens ou chercheurs spécialistes des événements ou périodes concernés. Régulièrement évoquée, l’Allemagne est encore l’objet d’une émission récente, en compagnie de Hélène Miard-Delacroix, consacrée à la RDA, à ses mémoires, ses « permanences et résurgences ».

Aus Kultur- und Sozialwissenschaften

Deutschlandfunk

D’une durée de 50 minutes, Aus Kultur- und Sozialwissenschaften est l’émission hebdomaire de la Deutschlandfunk consacrée aux travaux de sciences sociales en Allemagne. Chaque émission est divisée en 3 à 5 séquences permettant d’aborder autant de thèmes distincts, sous la forme de reportages, d’entretiens ou de restitutions. L’émission est téléchargeable dans son intégralité ou par séquence.

Vu d’Allemagne

Deutsche Welle

Seul véritable podcast franco-allemand de la sélection, Vu d’Allemagne, proposé par la Deutsche Welle, offre chaque semaine un regard francophone sur l’actualité allemande. L’ajout systématique d’un sujet étranger au thème de l’émission est cependant une énigme…


Et bien sûr parce qu’on a le droit de rigoler, on vous conseillera les chroniques absurdes et déjantées de Thomas VDB dans l’émission Par Jupiter !. Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, il nous fera aussi rire en allemand.

Cet article a été rédigé le 2 décembre 2018. Pour réagir, merci d’utiliser le formulaire de contact ou contacter l’auteur via Twitter.

Le sommet, le maire et la police : un an après le G20 à Hambourg

12/08/2018

Tout le monde déteste la police ! » ou « Tout le monde aime la police ! » ? Aussi caricaturaux que soient ces slogans, la presse hambourgeoise avait, au lendemain des événements et affrontements survenus en marge du sommet du G20 en juillet 2017, choisi son camp sans hésiter.

Ainsi le quotidien Hamburger Abendblatt, promoteur assidu des grands projets et événements de la ville – à l’image, par exemple, de la candidature (rejetée) aux Jeux olympiques 2024 – invitait, six jours à peine après la fin du sommet, 2 000 policiers à un concert-hommage dans la grande salle de l’Elbphilharmonie pour leur dire « merci ». Sur la scène, le rédacteur en chef Lars Haider, volontiers lyrique, saluait l’engagement des forces de l’ordre et l’attitude dont elles avaient fait preuve les jours précédents « pour la liberté et la démocratie ». Le compte-rendu de la soirée rappelait quant à lui opportunément que sous les 22 kilos d’équipement et les allures de Robocop se cachaient avant tout… « des hommes normaux ». Parallèlement, la rédaction publiait, à l’attention des policiers venus en renfort des autres régions du pays — plus de 30 000 auront été mobilisés au total — une lettre ouverte d’excuses et les invitaient, en partenariat avec des chaînes d’hôtels et autres attractions touristiques, à (re)découvrir la ville, cette fois-ci sans uniformes et sans « criminels ».

Le Bild, célèbre pour ses Unes racoleuses et son conservatisme, n’était pas en reste et lançait de son côté un appel aux dons pour payer des vacances aux policiers blessés lors des affrontements. Comme l’avait alors relevé en France le site Arrêt sur images, le journal allait même jusqu’à publier dans ses pages et sur internet les photos de manifestants non floutées et à appeler ses lecteurs à communiquer toute information utile aux postes de police pour identifier les lanceurs de projectiles.

Il est vrai qu’avec 476 blessés affichés au compteur, le bilan des manifestations semblait particulièrement lourd du côté des forces de l’ordre. Communiqué par la police de Hambourg lors de conférences de presse ou en direct sur son fil twitter, ce chiffre sera machinalement repris, sans recul, dans les deux quotidiens déjà évoqués tout comme par de nombreux autres titres de presse (y compris en France par l’intermédiaire de l’AFP) où il sera régulièrement arrondi à 500.

Une enquête du site d’information en ligne BuzzFeed, dans sa version allemande, dégonflera pourtant très rapidement ce chiffre. Présenté comme le nombre de blessés « dans des heurts avec des manifestants », il a en réalité été obtenu en additionnant l’ensemble des faits survenus au sein des forces de l’ordre à partir de leur mobilisation (deux semaines avant le début officiel du sommet) et en y incluant divers symptômes sans liens directs avec les manifestations (déshydratation, problèmes de circulation liés aux longues période d’attente) et entraînant des interruptions de service très faibles.

Mais au-delà de la querelle des chiffres, c’est l’absence de tout regard critique quant à la gestion policière des événements qui est alors frappante. Tout au plus Lars Haider du Hamburger Abendblatt concèdera-t-il quelques mois plus tard, au cours de la cérémonie des vœux de son journal pour l’année 2018, que « la police a certainement fait des erreurs, mais ce ne sont que des hommes ». Fermez le ban.

Des habitants encore sous le choc

En réduisant les ratés policiers à des seules erreurs humaines et en mettant en scène des images de communion entre habitants et fonctionnaires de police, toute critique exprimée sur la gestion par les forces de l’ordre des événements de juillet 2017 se voit par avance déligitimée, réduite à l’expression, au mieux, d’un militantisme d’extrême gauche ou, au pire, d’un soutien sans réserve aux « casseurs ».

Pourtant, le comportement des forces de sécurité est loin de faire l’unanimité y compris parmi les simples résidents, à commencer par ceux du Schanzenviertel, quartier où se sont déroulés les affrontements les plus sévères dans la nuit du 7 au 8 juillet.

Barbara Haarmann, membre de la direction d’un centre de logement et d’accompagnement social chrétien, le Jesus Center, raconte la « situation d’urgence » vécue par ses équipes cette nuit là. Hébergeant essentiellement des personnes âgées ainsi que de jeunes réfugiés, ses locaux situés sur la Schulterblatt, artère emblématique du secteur, jouxtent un établissement bancaire incendié et sévèrement endommagé par des membres du « Black bloc » : « Nous avons vu de la fumée et aussitôt appelé les pompiers pour qu’ils nous apportent leur aide. Mais cette aide n’est jamais venue. »

En raison du danger imminent, ou perçu comme tel, commence alors une opération d’évacuation improvisée. « Étage par étage, appartement par appartement », les personnes hébergées par le Jesus Center sont sorties de la résidence et abritées en lieu sûr. Si deux secouristes professionnels, présents en tant que manifestants dans le quartier, participeront à l’effort de manière significative, c’est au final une évacuation sans le concours de la force publique qui sera réalisée.

« Qui était présent cette nuit-là sait ce que ressent un habitant, quand l’aide dont il a urgemment besoin ne vient pas. »

Si beaucoup de hambourgeois ont quitté la ville le temps du sommet, « tout le monde n’a pas eu cette chance » souligne Urte Spieckermann, propriétaire dans le quartier et mère de famille, qui avait prévu d’inviter des membres de sa famille pour fêter le baccalauréat de son fils. « La police est venue et nous a conseillé, le jeudi soir, de fermer les boutiques, de fermer les commerces, de fermer les bureaux, et de revenir le lundi. Allô ? Mais je vis là… »

Même impression d’indifférence de la part des autorités chez Karen Ullmann, autre mère de famille et dont le logement se situe sur la principale allée du Schanzenviertel. Alors que les affrontements se font de plus en plus intenses à quelques dizaines de mètres de chez elle et que trois à cinq hélicoptères effectuent des rondes sans discontinuer, elle entend le porte-parole de la police, Timo Zill, déclarer à la radio : « il faut voir le côté positif, le reste de la ville est calme. » Ce qui lui inspire cette formule cinglante à l’adresse des responsables politiques : « Vous auriez dû dire que vous aviez besoin de notre quartier pour votre spectacle et que vous ne vouliez pas de nous. »

Une commission, plusieurs discours

Ces différents témoignages, tous très sévères pour les autorités, ont été recueillis en mai 2018 à l’occasion d’une audition publique organisée dans le cadre d’une commission dédiée aux « débordements violents intervenus en marge du G20 » et chargée d’éclaircir le déroulé des événements.

Mise en place le 17 juillet 2017, cette « commission spéciale » — à défaut d’une « commission d’enquête », garantissant plus de pouvoirs aux parlementaires qui la composent et réclamée par certains — doit terminer ses travaux le 16 août mais fait face à l’impossibilité de s’accorder sur un récit commun.

Réunis par l’hebdomadaire Die Zeit à l’occasion d’un dossier spécial « anniversaire », les représentants des principaux partis politiques composant cette commission semblent en effet en désaccord sur à peu près tout, qu’il s’agisse des faits en eux-mêmes, de leur interprétation et de l’inévitable question de la « responsabilité ».

Ainsi quand Milan Pein, élu du SPD (social-démocrate, parti membre de la coalition gouvernementale à Hambourg), énonce les trois principaux objectifs des travaux de la commission — à savoir : établir un déroulé objectif des événements, trouver quoi faire pour que cela ne se reproduise plus et, enfin, rétablir la confiance avec les citoyens — Christiane Schneider (Die Linke, gauche) l’interrompt rapidement : « Déjà, nous avons raté le premier objectif. Nous avons un récit, porté par le Sénat [gouvernement de Hambourg]. Et nous avons un récit, qu’il y a dans la ville et que nous, Die Linke, tentons de porter à connaissance de la commission. Ces deux récits sont inconciliables. » Elle poursuit, en guise d’explication : « Il n’y a pas de “culture de l’erreur” dans la police. Nous sont livrés des rapports lisses, en décalage complet avec ce qu’ont vécu beaucoup de gens ».

Quant à la question de la « responsabilité », qui concernerait en premier lieu le maire de l’époque, Olaf Scholz, aujourd’hui ministre fédéral des finances et vice-chancelier, elle a été fort opportunément écartée par son parti, le SPD, dès la première réunion de la commission. Mais l’élu de la CDU (droite) Dennis Gladiator n’oublie pas les promesses faites par le maire d’alors : « Olaf Scholz avait promis qu’aucun citoyen n’aurait à subir le sommet. […] Puis on a appris qu’il avait accepté [de l’accueillir], sans en parler au préalable aux autorités en charge de la sécurité. Tout cela a une dimension politique !  » Pour les représentants du SPD et des Verts cependant, pas question de pointer la responsabilité d’un seul homme. « Il n’y a pas d’explication monocausale » se contentent-ils de répéter, se présentant comme « les seuls à faire des efforts pour avoir une image objective »… mais sans responsables.

Un « fantôme » sur les écrans

Conséquence de ce positionnement, « les attentes [de la population] vis-à-vis de la commission sont désormais nulles » regrette l’élue Christiane Schneider (Die Linke) qui remarque cependant que les conférences, projections de films et autres soirées-débats attirent elles toujours autant de monde.

Du 5 au 8 juillet 2018, les militants et activistes anti-G20 — qui n’ont par ailleurs pas de mots assez durs pour qualifier le travail de la commission parlementaire, à l’image d’une Emily Laquer, de l’union « Gauche interventionniste », qui ne voit qu’en celle-ci une « farce » et une « estrade pour la propagande policière » — se retrouvaient par exemple à nouveau pour un « Festival de la solidarité », à l’occasion duquel une importante production documentaire était notamment donnée à voir (Der Gipfel – Performing G20 de Rasmus Gerlach, Festival der Demokratie de Lars Kollros et Alexandra Zaitseva, Welcome to the new world de Anni Sultany et Jerry Suen, etc.).

A côté de ces témoignages, émergent plus récemment des tentatives d’analyses, ambitionnant d’extraire l’événement de son cadre immédiat pour l’éclairer à travers d’autres phénomènes contemporains tels que le « néolibéralisme », le recours grandissant aux « états d’urgence », etc.

Des universitaires réunis dans le projet « Mapping #NoG20 », porté par l’Institut de recherche des mouvements sociaux (IPB), ont ainsi entrepris de faire de la gestion policière du sommet un objet d’étude à part entière. Si des esquisses de résultats ont d’ores et déjà été dévoilées à travers des interviews accordés par l’un des coordinateurs du projet, Peter Ullrich, aucune contribution définitive n’est encore disponible, et ce en raison de la temporalité propre aux sciences humaines et sociales.

Du côté des militants, le « Komitee 17 » a publié en juin dernier aux éditions hambourgeoises Nautilus un petit ouvrage intitulé G20. Problèmes de circulation dans une ville fantôme. S’il se livre avant tout à une critique radicale, mais non sans faiblesses, des événements, à commencer par la couverture journalistique, cet ouvrage se caractérise aussi par sa volonté manifeste d’ouvrir un débat à l’intérieur de la gauche : au-delà des slogans « standardisés » et des actions « kitsch », qu’est-il possible d’inventer comme nouvelles formes de mobilisation ?


Cet article a été rédigé en juillet et août 2018. Il est également à retrouver sur notre espace du Club de Médiapart. Pour réagir, merci d’utiliser le formulaire de contact.
[EDIT 16.08.18 : En l’absence de consensus entre les partis, documenté dans l’article, la commission spéciale a finalement annoncé lors de sa réunion de clôture, le 16 août, ne pas rendre de rapport commun. Chaque section parlementaire rédigera ses propres conclusions.]

La sélection, épisode 2 : avril-mai 2018

29/04/2018

En parallèle des articles « long format » publiés sur le blog, cette rubrique propose, tous les deux mois environ, un tour d’horizon des actualités de la recherche en sciences sociales (publications, événements, conseils de lecture, etc.) consacrées à l’Allemagne, en général, et à la ville de Hambourg, en particulier.

Au programme de ce second épisode : À Hambourg, une réforme électorale en trompe-l’œil ∙ « Refugees Welcome », quand le discours change de ton ∙ Justice (environnementale) pour tous ! La pollution sonore à Hambourg ∙ Les consultants, une menace pour la démocratie locale ? ∙ Au revoir l’Allemagne ! ∙ Le petit pont de bois.

Élections du Bundestag : qui sont les candidats à Hambourg ?

26/08/2017

Des papiers flottent dans les airs, accrochés à un fil tendu entre un arbre et un pylône. Des feutres sont mis à disposition des habitants invités à s’exprimer et les passants se pressent en nombre pour lire les messages. Ce cahier de doléances à ciel ouvert a été installé dans le Schanzenviertel, quartier bien connu de Hambourg, où se sont déroulés, en marge du sommet du G20 (7-8 juillet 2017), les affrontements les plus sévères entre membres du « Black Bloc » et forces de l’ordre.

La cible principale des messages ? Les autorités locales, au premier rang desquelles le maire et dirigeant du Land de Hambourg, Olaf Scholz, accusé par les habitants d’une préparation défaillante, d’une mauvaise anticipation et d’un manque criant de réaction — sa participation en compagnie des chefs d’état du G20, au sein de l’Elbphilarmonie (voir notre article), à une représentation de la Symphonie nº 9 de Beethoven alors même que se déroulaient les événements dans le quartier, est un reproche récurrent.

Il y a aussi ce message, signé par « un ancien électeur du SPD » : « Citoyens de Hambourg ! Olaf Scholz doit partir ! En septembre, pas de voix pour le SPD. » Un appel clair lancé à la population à se saisir des élections législatives fédérales du 24 septembre 2017 (Bundestagswahl) pour manifester son mécontentement et sanctionner dans les urnes le premier bourgmestre.

La sélection, épisode 1 : mai-juin 2017

27/06/2017

En parallèle des articles « long format » publiés sur le blog, cette rubrique propose, tous les deux mois, un tour d’horizon des actualités de la recherche en sciences sociales (publications, événements, conseils de lecture, etc.) consacrées à l’Allemagne, en général, et à la ville de Hambourg, en particulier.

Au programme de ce premier épisode : Une contestation puissante ou des élites fragiles ? Les JO 2024 à Hambourg ∙ 327 victimes à la frontière interallemande ∙ Espérance de vie : une convergence est/ouest ? ∙ Genèse du “Stadtumbau Ost” ∙ Les déboutés du droit d’asile ∙ Les “immigrants” vus par la gauche militante allemande ∙ Allemagne, société à responsabilité limitée.

L’Elbphilharmonie : « merveille » du storytelling

20/04/2017

Les mois et semaines passent, mais les présentoirs des librairies Thalia, dans le centre de Hambourg, ne désemplissent pas d’ouvrages et de produits dérivés — tasses, cahiers de coloriage, sacs en toile, jeux de société — consacrés à  l’Elbphilharmonie, la “merveille” architecturale et culturelle de la ville inaugurée le 11 janvier dernier en présence, notamment, de la chancelière Angela Merkel.